Jérôme di Marino
Jérôme di Marino développe une approche moderne de la parfumerie avec des compositions créatives et originales. Son style se caractérise par une recherche constante d'innovation et une maîtrise technique des accords contemporains.
Jérôme di Marino — Portrait olfactif
Jérôme di Marino — un nez contemporain entre légèreté et profondeur
Jérôme di Marino appartient à cette génération de parfumeurs qui ont émergé dans les années 2010, façonnant leur identité créative au contact de grandes maisons commerciales sans pour autant s'effacer derrière elles. Actif principalement entre 2018 et 2023, il a signé des créations pour des griffes aussi diverses que Kenzo, Davidoff, Burberry, Emanuel Ungaro ou Elie Saab, soit un spectre de clientèles et d'esthétiques particulièrement large. Cette pluralité dit beaucoup sur sa capacité à s'adapter tout en maintenant certaines constantes olfactives reconnaissables.
Formation et début de carrière
Les détails précis de sa formation restent peu documentés dans les sources publiques, mais son activité référencée débute en 2018, ce qui suggère une période d'apprentissage et de collaboration en tant que co-formulateur ou assistant avant d'accéder à la signature autonome. Le parcours classique des parfumeurs de sa génération passe souvent par les grands laboratoires de la fragrance — Givaudan, Firmenich, IFF ou Symrise — où l'on apprend la chimie des matières premières autant que l'intuition créative. Son profil correspond à celui d'un nez formé à l'intérieur du système industriel de la parfumerie, capable de livrer des compositions techniquement solides dans des délais et des contraintes budgétaires exigeants.
Style et signature olfactive
Ce qui caractérise le travail de Jérôme di Marino, c'est une certaine fluidité entre les registres olfactifs. Ses compositions naviguent avec aisance entre le boisé aromatique, le floral boisé musqué, l'oriental boisé et le boisé épicé, des familles qui partagent toutes une même architecture : une base chaleureuse et enveloppante, souvent adoucie par le musc ou la fève tonka, sur laquelle viennent se poser des têtes plus fraîches ou fruitées. Cette structure pyramidale classique, il la travaille avec un sens du contraste mesuré — jamais rupture brutale, toujours transition progressive.
Ses créations féminines tendent vers une sensualité douce, portée par le jasmin, la tubéreuse ou l'iris, sans que la fleur ne prenne le dessus sur la profondeur du fond. Ses compositions masculines, en revanche, jouent davantage sur la tension entre fraîcheur et densité, avec le cyprès, le poivre noir ou le bois de gaïac comme points d'appui. Dans les deux cas, une même recherche d'équilibre : ni trop léger, ni trop saturé.
Matières de prédilection
L'examen de ses formules révèle quelques fidélités marquées. Le musc revient dans un nombre significatif de ses créations, utilisé non comme fond générique mais comme liant olfactif, cette matière qui arrondit les contours et prolonge la tenue sans alourdir la composition. La mandarine, en note de tête, apporte une vivacité agrumée qui contraste utilement avec la chaleur de ses fonds vanillés ou boisés.
La fève tonka et la vanille constituent deux piliers de ses fonds orientaux. Ces deux matières, proches par leur caractère gourmand et leur douceur poudreuse, permettent de construire des sillages enveloppants qui restent consensuels sans devenir banals lorsqu'ils sont bien dosés. Le cyprès, note plus singulière dans son répertoire, apporte une dimension résinée et fraîche à la fois, caractéristique des boisés aromatiques contemporains. Le santal et le patchouli complètent cette palette boisée, lui conférant profondeur et persistance.
Créations marquantes
Parmi les réalisations notables de Jérôme di Marino, Le Parfum in White pour Elie Saab, sorti en 2018, illustre bien sa maîtrise des floraux chyprés. La fleur d'oranger et le jasmin constituent le cœur lumineux de la composition, encadrés par une bergamote fraîche en ouverture et un fond ambrés-musqués généreux, relevé de benjoin. La pêche, discrète, vient arrondir le passage entre cœur et fond avec élégance.
Kenzo World Power, lancé en 2019, montre une autre facette de son travail : une composition boisée aromatique d'une grande concision, construite autour du cyprès, du sel de mer et de la fève tonka. Trois notes, une ligne directrice claire, une efficacité assumée. Ce type de formule épurée demande paradoxalement une maîtrise technique importante, car chaque matière est exposée sans artifice.
Emanuel Ungaro For Her, également de 2019, appartient au registre chypré fruité avec une construction plus traditionnelle : amande, poire et prune en tête, tubéreuse et jasmin au cœur, santal et patchouli en fond. La tubéreuse, fleur exigeante et capiteuse, y est traitée avec retenue, ce qui lui confère une modernité bienvenue dans un genre parfois jugé daté. Cool Water Aquaman Collector pour Davidoff en 2020 représente quant à lui un exercice de style différent : dans la grande tradition de la fragrance masculine aquatique-boisée, il intègre une mandarine verte incisive, un poivre noir assertif et un bois de gaïac sec en conclusion, donnant à une franchise ancienne un regain de caractère.
Burberry Her London Dream, sorti la même année, confirme son aisance dans le floral contemporain avec une ouverture citronnée et gingembre qui donne du tonus à un cœur pivoine-rose classique, le tout reposant sur un fond musqué-ambré confortable et bien intégré. La gamme Street Fighter Champion Summer Edition pour Davidoff, en 2021, illustre enfin sa capacité à travailler des éditions limitées fun et accessibles sans sacrifier la cohérence olfactive, avec deux déclinaisons — l'une boisée aromatique, l'autre florale fruitée — qui partagent la mandarine en tête tout en divergeant ensuite nettement.
Le travail de Jérôme di Marino se lit comme celui d'un artisan de la fragrance commerciale de haut niveau : rigoureux dans ses choix de matières, habile dans la construction de ses transitions, capable de servir des briefs très différents sans perdre le fil d'une cohérence propre. Ses compositions récompensent une attention portée à leur évolution sur la peau, là où leurs qualités les plus subtiles se révèlent dans la durée.

Elixir
Un floral oriental qui assume pleinement son côté envoûtant — sans en faire trop. Aurélien Guichard et Jérôme di Marino ont construit quelque chose de rare ici : une pyramide courte, presque minimaliste sur le papier, mais d'une densité surprenante sur la peau. Le néroli ouvre avec cette légèreté citronnée et florale qu'on lui connaît, mais il disparaît vite, laissant place à un iris d'une qualité remarquable. Poudré sans être vieillot, presque charnel — il y a quelque chose de très libanais dans cette façon d'habiller la fleur d'un voile opulent plutôt que de la mettre à nu. C'est dans le fond que le jus révèle vraiment son caractère. La myrrhe et le benjoin forment une base résineuse, légèrement fumée, que le bois ambré vient réchauffer sans alourdir. Le drydown est long, très enveloppant — le genre de sillage qui reste sur un manteau plusieurs heures après qu'on l'a retiré. Pas pour tout le monde, clairement. Mais pour une femme qui sait exactement ce qu'elle veut dégager, c'est un choix redoutablement efficace.

Her London Dream
Londres un matin de printemps, ce moment précis où le ciel est encore blanc mais que quelque chose dans l'air annonce le soleil. C'est exactement là que ce floral de Jérôme di Marino et Maa Lernout — sorti en 2020 — prend tout son sens. Pensé pour une femme jeune, ou du moins d'esprit jeune, il a ce côté frais et un peu rêveur qu'on ne fabrique pas : soit c'est là, soit ça ne l'est pas. L'ouverture joue sur un duo citron-gingembre qui réveille sans agresser — le gingembre notamment, rarement aussi discret, apporte juste ce qu'il faut de vivacité pour que le jus ne vire pas au floral sage. Le cœur pivoine-rose est romantique, oui, mais pas écrasant. Il y a quelque chose de léger dans la façon dont les fleurs se posent sur la peau, presque comme une superposition de pétales humides plutôt qu'un bouquet tranché net. Le fond musc-ambré est doux, très doux — c'est le genre de drydown qu'on sent sur soi plus que les autres autour de soi. La tenue est honnête sans être spectaculaire. Pour qui cherche un floral de tous les jours, pas intimidant, facile à porter à n'importe quelle heure, c'est un choix cohérent.

Le Parfum In White
Il y a dans ce flacon quelque chose d'immédiatement solaire — une légèreté qui ne cherche pas à impressionner, mais qui s'impose tout de même. L'ouverture est franche : la mandarine et la bergamote claquent comme un matin d'été en bord de Méditerranée, vite rejointes par un murmure de fleur d'oranger qui annonce la couleur. Littéralement. Tout ici tend vers le blanc — cette nuance lumineuse, presque textile, qu'on associe au lin propre, aux draps séchés au soleil. Le cœur jasmin-pêche est le passage le plus délicat à réussir — et Francis Kurkdjian avec Jérôme di Marino s'en sortent sans tomber dans le piège du fruité-floral trop sucré. La pêche reste charnelle, pas confite. Le jasmin sambac garde une vraie présence florale sans virer au savon. C'est la famille chyprée qui ancre l'ensemble, avec un fond patchouli-benjoin-baume de Tolu qui donne au jus une profondeur qu'on ne soupçonne pas forcément à l'ouverture. Côté tenue, c'est correct sans être envahissant — ce qui en fait un choix évident pour le quotidien, le bureau, les journées longues. Le profil est accessible, assumé, pensé pour séduire largement. Pas pour tout le monde au sens artistique du terme, mais diablement efficace sur la peau.

Her Elixir de Parfum
Une version plus sombre, plus assumée — c'est comme ça qu'on pourrait résumer l'esprit de cet Elixir par rapport au Her original. Là où l'Eau de Parfum jouait la carte de la fraîcheur fruitée et urbaine, cette déclinaison de 2022 signée par le duo Jérôme di Marino et Maïa Lernout pousse le curseur vers quelque chose de nettement plus charnel, plus nocturne. C'est un jus pour les soirées qui commencent tard et finissent encore plus tard. Les fruits rouges en ouverture — fraise confiturée, mûre légèrement acidulée — ne font pas dans la légèreté. Ils arrivent avec une densité presque comestible, avant que le jasmin ne vienne apporter ce grain floral qui empêche l'ensemble de basculer dans le gourmand pur. Le fond, lui, est une affaire de peau : la vanille s'installe sans crier gare, portée par l'ambre et un santal qui arrondit tout ça avec beaucoup de douceur. Le drydown, c'est franchement ce qu'il y a de mieux ici — crémeux, chaud, persistant. Côté tenue, pas d'inquiétude à avoir. La projection reste raisonnable, mais le sillage colle à la peau pendant des heures. Pas pour les adeptes du minimalisme olfactif, clairement.
Jérôme di Marino a créé 4 parfums, travaillant avec 2 maisons et explorant 3 familles olfactives différentes.
— Analyse Tendance Parfums
Familles de prédilection
Questions fréquentes
Jérôme di Marino n'est pas attaché à une seule maison mais travaille comme parfumeur freelance ou au sein d'un laboratoire de création pour le compte de plusieurs griffes simultanément. Entre 2018 et 2023, il a collaboré avec des marques comme Kenzo, Davidoff, Burberry, Emanuel Ungaro ou Elie Saab. Ce modèle de travail, courant dans la parfumerie industrielle, permet à un nez de signer des créations pour des positionnements très différents au sein d'un même portefeuille.
Jérôme di Marino n'est pas attaché à une seule maison mais travaille comme parfumeur freelance ou au sein d'un laboratoire de création pour le compte de plusieurs griffes simultanément. Entre 2018 et 2023, il a collaboré avec des marques comme Kenzo, Davidoff, Burberry, Emanuel Ungaro ou Elie Saab. Ce modèle de travail, courant dans la parfumerie industrielle, permet à un nez de signer des créations pour des positionnements très différents au sein d'un même portefeuille.
Jérôme di Marino n'est pas attaché à une seule maison mais travaille comme parfumeur freelance ou au sein d'un laboratoire de création pour le compte de plusieurs griffes simultanément. Entre 2018 et 2023, il a collaboré avec des marques comme Kenzo, Davidoff, Burberry, Emanuel Ungaro ou Elie Saab. Ce modèle de travail, courant dans la parfumerie industrielle, permet à un nez de signer des créations pour des positionnements très différents au sein d'un même portefeuille.
Jérôme di Marino a signé plusieurs références commerciales pour des marques à large distribution, notamment chez Kenzo et Davidoff, deux griffes connues pour leurs lancements à fort impact grand public. Ses créations s'inscrivent généralement dans des segments accessibles à portée mondiale, ce qui leur confère une visibilité importante malgré la discrétion habituelle qui entoure les noms des parfumeurs dans la communication des marques. Les attributions précises sont consultables dans les bases de données spécialisées comme Fragrantica ou la Fragrance Foundation.
Jérôme di Marino a signé plusieurs références commerciales pour des marques à large distribution, notamment chez Kenzo et Davidoff, deux griffes connues pour leurs lancements à fort impact grand public. Ses créations s'inscrivent généralement dans des segments accessibles à portée mondiale, ce qui leur confère une visibilité importante malgré la discrétion habituelle qui entoure les noms des parfumeurs dans la communication des marques. Les attributions précises sont consultables dans les bases de données spécialisées comme Fragrantica ou la Fragrance Foundation.