Roger Pellegrino
Roger Pellegrino évolue dans l'univers de la parfumerie de niche en développant des créations originales aux signatures distinctives. Son travail se distingue par une recherche constante d'équilibre entre tradition parfumeuse et innovation olfactive contemporaine.
Roger Pellegrino — Portrait olfactif
Roger Pellegrino, nez discret d'une décennie dorée
Roger Pellegrino appartient à cette génération de parfumeurs qui ont façonné le visage olfactif des années 1978–1987, une période faste pour la parfumerie de grand luxe et de prestige. Son nom reste moins exposé que celui de certains de ses contemporains, mais les créations qui lui sont attribuées témoignent d'une maîtrise solide des structures classiques et d'un goût prononcé pour les compositions charnues, ancrées dans une tradition chyprique et florale que ces années portaient au sommet.
En une décennie à peine, il signe des fragrances pour des maisons aussi diverses que Cacharel, Rochas, Giorgio Armani, Versace et Van Cleef & Arpels. Un parcours qui dessine le portrait d'un formulateur polyvalent, capable d'adapter son savoir-faire à des identités de marque très différentes — de la douceur romantique à la rigueur masculine, en passant par le faste joailler.
Formation et début de carrière
Les détails du parcours académique de Roger Pellegrino restent peu documentés dans les sources disponibles. Ce que l'on sait, c'est qu'il intègre très tôt les circuits de la parfumerie professionnelle et signe son premier parfum notable dès 1978, ce qui suppose une formation rigoureuse achevée dans les années précédentes, probablement au sein d'une grande maison de matières premières ou d'une école spécialisée dans la composition. Son émergence coïncide avec un moment charnière de l'industrie, celui où les maisons de couture et de joaillerie investissent massivement le marché du parfum et cherchent des nez capables de traduire une image de marque en jus.
Sa première création référencée, Anaïs Anaïs pour Cacharel en 1978, est également l'une des plus connues. Débuter par un floral blanc aussi marquant constitue un signe éloquent de la confiance que lui accordait l'industrie dès ses premières années.
Style et signature olfactive
La signature de Roger Pellegrino se reconnaît dans l'emploi systématique des grandes bases chyprées — mousse de chêne, patchouli, vétiver — associées à des cœurs floraux ou épicés richement développés. Il n'est pas le parfumeur du minimalisme : ses compositions sont construites en profondeur, avec des fonds durables qui s'affirment avec le temps sur la peau. Cette approche est pleinement en phase avec les canons esthétiques des années 1980, mais elle révèle aussi une technicité dans la gestion de la persistance et de l'évolution des accords.
Ce qui frappe à l'examen de ses créations masculines comme féminines, c'est la récurrence de l'œillet comme pivot floral. Cette note épicée et carnée, souvent négligée au profit du jasmin ou de la rose, occupe chez lui une place presque structurelle. Elle assure la liaison entre les têtes lumineuses — bergamote, cédrat — et les fonds résineux ou boisés, conférant aux compositions une dimension à la fois chaleureuse et rigoureuse.
Matières de prédilection
L'inventaire des notes que Roger Pellegrino utilise d'une création à l'autre dessine un territoire olfactif cohérent. La mousse de chêne est omniprésente, presque un fil conducteur : elle figure dans chacune des créations documentées, signalant son attachement à la famille chyprée dans ses formes les plus affirmées. Le patchouli joue chez lui un rôle de profondeur terreuse, jamais anecdotique, toujours intégré comme élément fondamental de la structure.
Côté floraux, jasmin et œillet forment un binôme récurrent. La bergamote ouvre régulièrement ses compositions masculines, apportant la clarté initiale nécessaire à des développements plus complexes. L'ambre, le musc et le vétiver ferment les compositions avec une chaleur sèche et animale caractéristique du style de l'époque, mais que Pellegrino manie avec une économie de moyens qui évite la lourdeur.
Créations marquantes
Anaïs Anaïs, lancé pour Cacharel en 1978, reste sans doute la création la plus célèbre associée à Roger Pellegrino. Floral blanc d'une grande douceur, il marie le lys et le muguet à une base de mousse de chêne, d'encens et de cuir dans une structure qui joue sur les contrastes entre la pureté apparente des fleurs blanches et la profondeur sourde du fond. Le résultat est une fragrance à la fois innocente et sensuelle, qui a marqué une génération entière.
Macassar pour Rochas, en 1980, illustre une facette très différente de son travail. Fougueusement masculin, ce boisé chypré puise dans les notes vertes et la bergamote pour s'ouvrir, avant de livrer un cœur dense de patchouli, cèdre, vétiver et œillet, soutenu par un fond cuiré et ambré d'une grande opulence. La noix de coco en fond y joue un rôle inattendu, adoucissant subtilement la sécheresse boisée.
En 1984, Pellegrino signe deux fragrances masculines pour deux grandes maisons à l'identité radicalement distincte. L'Eau Pour Homme de Giorgio Armani traduit l'épure milanaise en parfum : une ouverture hespéridée fraîche sur cédrat, bergamote et mandarine, un cœur lavandé et fleuri, un fond boisé discret sur mousse de chêne et vétiver. Pour Versace, la même année, il adopte un registre plus sombre et plus somptueux — le Versace L'Homme développe un accord boisé chypré plus richement épicé, avec de la cannelle et du patchouli, un fond cuiré et labdanum qui rappelle les grandes eaux de toilette de prestige de l'époque.
Gem, créé pour Van Cleef & Arpels en 1987 et décliné en eau de toilette et en parfum, clôt la décennie sur un chypré fruité d'une grande richesse. Prune et pêche signent une ouverture généreuse, avant que le cœur fleuri et épicé — ylang-ylang, tubéreuse, œillet, girofle — ne prenne le relais. Le fond réunit civette, mousse de chêne, ambre et patchouli dans une profusion propre au standing joailler de la maison. Les deux concentrations révèlent les mêmes accords dans des intensités différentes, la version parfum accentuant la densité animale et la persistance de l'ensemble.
À travers ces créations, Roger Pellegrino laisse le portrait d'un artisan précis, ancré dans les codes de son époque sans jamais s'y dissoudre, dont les compositions continuent de susciter l'intérêt des amateurs de parfumerie classique et des collectionneurs de flacons vintage.

Anaïs Anaïs
Il y a des parfums qui traversent les décennies sans vieillir — pas parce qu'ils sont neutres, mais parce qu'ils ont capturé quelque chose d'essentiel dès le départ. Né en 1978 sous la signature de quatre nez (fait rare pour l'époque), ce floral blanc incarne une féminité douce, presque candide, qui n'a rien à voir avec les orientaux lourds qui dominaient alors les comptoirs. C'est le genre de jus qu'on associe immédiatement à une image : une chambre baignée de lumière, un matin de printemps, des draps froissés. La composition s'ouvre sur un bouquet généreux — lys, jacinthe, chèvrefeuille — avec ce côté légèrement vert du galbanum qui empêche l'ensemble de tomber dans la suavité facile. Le cœur est dense, presque opulent, tubéreuse et jasmin marocain en tête, mais la main reste légère. C'est là tout l'art : une richesse florale qui ne pèse jamais. Le fond, lui, apporte une texture inattendue — la mousse de chêne et le cuir, discrets mais présents, donnent au drydown une profondeur boisée qu'on ne soupçonnait pas au premier spray. Côté tenue, on est sur quelque chose d'étonnamment enveloppant pour une eau de toilette. Pas agressif. Plutôt le genre de sillage qu'on remarque quand quelqu'un vient de quitter la pièce.

L'Homme
Un classique de 1984 qui n'a pas pris une ride — ou plutôt si, mais la bonne sorte de rides, celles qui donnent du caractère. Signé Roger Pellegrino pour Versace, ce jus appartient à cette génération de boisés chyprés qui assumaient pleinement leur masculinité sans chercher à plaire à tout le monde. Le cédrat et la bergamote ouvrent sur quelque chose de propre, presque coupant, avec ce petit grain qui ajoute une légère amertume végétale. Rien de sucré, rien de facile. Le cœur est là où ça devient intéressant. L'œillet et la cannelle apportent une chaleur épicée qui ne bascule jamais dans l'excès — le patchouli et le santal jouent les stabilisateurs, terreux et discrets. Et puis le fond arrive : cuir, mousse de chêne, labdanum. C'est dense, presque solennel. Il y a quelque chose de très "costume sombre un lundi matin" là-dedans, dans le bon sens du terme. Côté tenue, c'est un EDT qui reste proche de la peau sans s'effacer — projection modeste, sillage poli mais présent. C'est le genre de parfum qu'on adopte à 25 ans sans vraiment le comprendre, et qu'on redécouvre à 40 avec une vraie reconnaissance.
Roger Pellegrino a créé 2 parfums, travaillant avec 2 maisons et explorant 2 familles olfactives différentes.
— Analyse Tendance Parfums
Ses notes favorites
Familles de prédilection
Questions fréquentes
Roger Pellegrino a collaboré avec plusieurs grandes maisons de prestige au cours de sa carrière, notamment Cacharel, Rochas, Giorgio Armani, Versace et Van Cleef & Arpels. Cette diversité de collaborations témoigne d'une capacité à adapter son style olfactif à des identités de marque très distinctes. Il a ainsi navigué entre la parfumerie féminine romantique, la fragrance masculine structurée et le parfum de joaillerie luxueux.
Roger Pellegrino a collaboré avec plusieurs grandes maisons de prestige au cours de sa carrière, notamment Cacharel, Rochas, Giorgio Armani, Versace et Van Cleef & Arpels. Cette diversité de collaborations témoigne d'une capacité à adapter son style olfactif à des identités de marque très distinctes. Il a ainsi navigué entre la parfumerie féminine romantique, la fragrance masculine structurée et le parfum de joaillerie luxueux.
Roger Pellegrino a collaboré avec plusieurs grandes maisons de prestige au cours de sa carrière, notamment Cacharel, Rochas, Giorgio Armani, Versace et Van Cleef & Arpels. Cette diversité de collaborations témoigne d'une capacité à adapter son style olfactif à des identités de marque très distinctes. Il a ainsi navigué entre la parfumerie féminine romantique, la fragrance masculine structurée et le parfum de joaillerie luxueux.
Le premier parfum notable attribué à Roger Pellegrino est Anaïs Anaïs pour Cacharel, lancé en 1978. Ce floral blanc est rapidement devenu l'une des fragrances les plus emblématiques de son époque, marquant durablement la parfumerie grand public. Débuter par une création d'une telle envergure commerciale et artistique illustre la confiance que lui accordait l'industrie dès ses premières années d'activité.
Le premier parfum notable attribué à Roger Pellegrino est Anaïs Anaïs pour Cacharel, lancé en 1978. Ce floral blanc est rapidement devenu l'une des fragrances les plus emblématiques de son époque, marquant durablement la parfumerie grand public. Débuter par une création d'une telle envergure commerciale et artistique illustre la confiance que lui accordait l'industrie dès ses premières années d'activité.