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Notes olfactives

La Note de Mastic Or Lentisque en Parfumerie

Le mastic ou lentisque offre une résine méditerranéenne aux facettes vertes et balsamiques, évoquant la garrigue ensoleillée. Cette matière première apporte une originalité aromatique aux compositions avec ses nuances herbacées et légèrement amères. Elle enrichit les accords verts et aromatiques de sa personnalité sauvage et authentique.

11parfumsNote de cœur

Position dans la pyramide olfactive

Tête
0%(0)
Cœur
61.5%(8)
Fond
38.5%(5)

Répartition de cette note parmi 13 compositions

11en stock
15accords
7familles

Mastic or Lentisque en parfumerie

Mastic et lentisque en parfumerie — la résine sauvage de la Méditerranée

Le mastic, tiré du lentisque pistachier (Pistacia lentiscus), appartient à cette catégorie de matières premières qui portent en elles tout un territoire. Sa résine sèche évoque immédiatement les garrigues du pourtour méditerranéen : une odeur verte et balsamique, légèrement résineuse, marquée par une amertume douce et une fraîcheur sauvage qui n'appartient qu'à lui. Ce n'est pas une matière douce ni facile à apprivoiser — elle a du caractère, une certaine rudesse, quelque chose d'authentiquement végétal qui tranche avec les notes plus lisses ou policées.

Sur le papier, on décrit souvent le mastic comme « herbacé » ou « aromatique », mais ces qualificatifs ne rendent qu'imparfaitement compte de sa complexité. Il possède une dimension presque minérale, comme si la chaleur des roches calcaires était venue se fondre dans sa résine. À cela s'ajoutent des nuances discrètement fumées et une pointe de camphre qui lui confèrent une présence singulière dans les compositions où il figure.

Sa place dans les compositions

Le lentisque est une note versatile, capable d'occuper les trois positions classiques d'une fragrance, ce qui témoigne de l'étendue de son registre olfactif. En note de tête, il installe d'emblée une atmosphère méditerranéenne, aromatique et légèrement verte, qui prépare le terrain pour des cœurs floraux ou épicés. En note de cœur, il joue un rôle structurant, apportant de la texture et du relief à des compositions qui pourraient manquer de corps. En fond, enfin, il se fond discrètement dans les matières chaudes et boisées, en prolongeant la durée de vie des accords sans les alourdir.

Sa grande utilité réside dans sa capacité à « naturaliser » une composition : là où certains ingrédients de synthèse peuvent paraître abstraits ou cliniques, le mastic introduit une sensation de plein air, de matière vivante. Il est à la fois ancré et aérien — une contradiction apparente que seules les meilleures résines naturelles savent résoudre.

Accords et associations

Le lentisque s'exprime avec une grande aisance aux côtés des matières boisées sèches comme le santal ou le cèdre, avec lesquelles il partage une certaine profondeur terreuse. Il dialogue également bien avec les notes ambrées et orientales, apportant un contrepoint végétal et frais à leur chaleur enveloppante. L'iris, en particulier, constitue l'un de ses partenaires les plus élégants : leur réunion produit un accord poudré-résine d'une grande finesse, à la fois terreux et délicat.

Dans les compositions aromatiques, il renforce les facettes herbes et broussailles des eaux aromatiques masculines. Il s'allie aussi avec bonheur au jasmin, au musc et à la vanille dans des orientaux floraux où sa note verte et légèrement amère vient équilibrer la douceur des autres ingrédients. Les notes marines ou aquatiques, moins attendues, peuvent également bénéficier de sa présence pour éviter l'écueil du convenu.

Origine et extraction

Le mastic est principalement produit sur l'île grecque de Chios, dans la mer Égée, où les conditions géoclimatiques particulières permettent d'obtenir une résine d'une qualité difficilement reproductible ailleurs. Les producteurs pratiquent l'entaillage de l'écorce du lentisque pistachier pour provoquer l'écoulement de la gomme résine, qui se solidifie à l'air en petites larmes translucides — les célèbres « larmes de Chios » utilisées aussi bien en gastronomie qu'en parfumerie. La résine est ensuite traitée par distillation à la vapeur d'eau pour donner une huile essentielle aux facettes à la fois résineuses, vertes et légèrement poivrées.

Des variétés issues d'autres régions du bassin méditerranéen, notamment du Maghreb et du Moyen-Orient, sont également exploitées, avec des profils olfactifs légèrement différents — parfois plus boisés, parfois plus amers. En parfumerie contemporaine, des molécules de synthèse permettent de reproduire certaines facettes du mastic, mais la résine naturelle de Chios conserve une richesse et une complexité que les reconstructions peinent à égaler.

Le mastic dans quelques parfums

Dans Monsieur 2 de Givenchy (1993), le mastic occupe la note de fond aux côtés du santal et du cèdre, assurant une longue persistance verte et boisée à une composition aromatique construite autour d'herbes fraîches et d'épices. C'est un usage classique, discret mais efficace, qui ancre la fragrance dans une atmosphère de nature sauvage.

L'Infusion d'Iris Eau de Parfum Absolue de Prada (2012) offre l'une des associations mastic-iris les plus remarquables du catalogue contemporain. Placé au cœur de la fragrance aux côtés de l'iris, le lentisque apporte une résistance légèrement amère et terreuse qui empêche la poudre de l'iris de tourner à la douceur excessive.

Dans Costa Azzurra de Tom Ford (2014), il figure en fond parmi une palette boisée et résineuse très construite, contribuant à la sensation de bois séchés par le soleil qui caractérise ce parfum évocateur du littoral tyrrhénien. Chez Habanita de Molinard (2012), c'est en note de tête qu'il apparaît, associé au géranium et au petit grain, ouvrant l'oriental sur une dimension aromatique et légèrement camphrée avant de laisser la place aux épices et aux résines douces du cœur. Enfin, dans le 4711 Wunderwasser Women (2014), il joue un rôle plus inattendu aux côtés du néroli et du lotus, apportant une touche résineuse discrète qui évite à la composition d'être trop florale.

Le mastic reste une matière réservée aux compositions qui assument une certaine aspérité, un refus de la facilité — et c'est précisément ce qui rend son utilisation si intéressante pour quiconque cherche à comprendre la complexité du végétal en parfumerie.

Viktor & Rolf Spicebomb Night Vision
01Viktor & Rolf

Spicebomb Night Vision

Difficile de ne pas remarquer ce jus quand il entre dans une pièce. Night Vision, c'est l'édition sombre et plus charnue de la saga Spicebomb — sorti en 2020, il prend le territoire nocturne très au sérieux, sans jamais basculer dans le too much. La cible est claire : l'homme qui sort tard, qui aime sentir qu'il porte quelque chose de construit, pas juste un brume fraîche appliquée en vitesse. L'ouverture joue la carte verte et piquante à la fois — la pomme, le pamplemousse, une pointe de chili qui réveille sans agresser. Puis le cœur s'installe avec cette lavande légèrement camphée, la sauge sclarée un peu laiteuse, le romarin qui donne un côté presque méditerranéen au milieu de nuit. C'est là que ça devient intéressant. Le fond, lui, révèle quelque chose de gourmand et boisé — la pistache, la noisette, un sapin baumier qui apporte une résine douce, presque enveloppante. Le benjoin et le baume du Pérou font le reste, et on se retrouve avec un drydown chaud, persistant, qui tient bien en soirée. La projection est raisonnable — pas un sillage de stade, mais présent. Pour ceux qui cherchent un oriental fougère sans prise de tête et avec un vrai caractère, c'est un choix solide.

59,50 €
Armani Acqua di Giò Profondo
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Acqua di Giò Profondo

Un classique revisité avec une vraie intention. Là où l'original d'Acqua di Giò misait sur la légèreté solaire, cette version Profondo descend plus bas — dans quelque chose de plus dense, plus sombre, presque tellurique. Alberto Morillas signe ici une relecture aquatique qui assume pleinement son côté masculin, sans chercher à plaire à tout le monde. L'ouverture est immédiate : l'Aquozone et la bergamote claquent proprement, avec ce petit effet iodé qui rappelle moins la plage que les rochers mouillés à marée basse. Puis le romarin et le lentisque installent une texture aromatique sèche, presque méditerranéenne au sens botanique du terme — on pense aux garrigues de Corse plus qu'aux brumes nordiques. Le fond minéral fait le reste. Un musc retenu, un patchouli discret (vraiment discret), et cette sensation que le jus s'ancre sur la peau plutôt qu'il ne s'en échappe. Côté tenue, c'est solide sans être envahissant — ce qui en fait un choix fiable pour le bureau ou une journée longue. La projection reste raisonnable, le drydown est ce qu'il y a de plus intéressant. Pour quelqu'un qui connaît déjà la gamme et veut quelque chose de moins estival, c'est probablement la version à essayer en premier.

63,50 €
Armani Acqua Di Giò Profondo
03Armani

Acqua Di Giò Profondo

Il y a des fragrances aquatiques qui restent en surface — légères, anodines, oubliées avant même d'avoir séché. Celle-ci prend une tout autre direction. Alberto Morillas, qui signe ce jus sorti en 2020, a voulu aller plus loin que la simple fraîcheur marine : il y a quelque chose de minéral, presque tellurique, dans cette version concentrée. L'ouverture est franche, saline, avec cette mandarine verte qui apporte un côté juteux sans jamais tomber dans la douceur facile. L'Aquozone — une molécule de synthèse qui reconstitue l'odeur de l'air marin juste après l'orage — donne dès les premières secondes une sensation d'espace assez saisissante. Le cœur est là où ça devient intéressant. Romarin, cyprès, lentisque — c'est la Méditerranée vue depuis un promontoire rocheux, pas depuis un transat. La lavande s'intègre sans se signaler, elle structure discrètement. Et puis le fond arrive, plus sombre : le patchouli et l'ambre ancrent l'ensemble, lui donnent cette profondeur qui justifie le nom. Étonnamment tenu pour un aromatique fougère — la projection reste raisonnable mais le sillage dure. Pas pour ceux qui cherchent quelque chose d'original à tout prix. Mais pour qui veut un aquatique masculin enfin adulte, c'est un choix difficile à contourner.

72,50 €
Viktor & Rolf Spicebomb Night Vision
04Viktor & Rolf

Spicebomb Night Vision

Un parfum de nuit, clairement. Pas le genre de jus qu'on sort pour une réunion de bureau ou un brunch dominical — c'est conçu pour les heures où la lumière baisse et où l'on a envie de laisser une trace. L'ouverture est franche : pomme verte et pamplemousse apportent une vivacité presque électrique, vite rattrapée par une salve d'épices — cardamome, poivre noir, une touche de chili qui pique légèrement sans jamais brûler. Il y a quelque chose de très cinétique dans ces premières minutes, comme un départ en trombe qui se stabilise. Le cœur aromatique est la vraie surprise. La lavande et la sauge sclarée auraient pu tirer le tout vers le classique, mais le mastic — cette résine méditerranéenne au caractère légèrement camphré — donne un relief inattendu, presque minéral. Le drydown, lui, est gourmand sans être sucré : la pistache et les notes de noisette s'installent sur un fond boisé de sapin baumier et de benjoin, avec une chaleur qui tient bien sur la peau, plusieurs heures après l'application. Côté sillage, c'est généreux sans être agressif — un équilibre pas toujours évident dans les orientaux fougères. L'homme qui porte ça assume une certaine théâtralité, sans en faire trop.

54,00 €
SISLEY L'Eau Rêvée d'Ikar
05SISLEY

L'Eau Rêvée d'Ikar

Il y a dans ce jus quelque chose d'immédiatement solaire — pas la chaleur écrasante d'un oriental lourd, mais celle d'une matinée méditerranéenne où l'air sent encore la rosée. La bigarade et le citron d'Amalfi s'ouvrent avec une vivacité presque mordante, avant que le pélargonium ne vienne arrondir les angles, floral sans être sucré. C'est frais, net, légèrement herbacé. Vincent Ricord signe ici une ouverture qui donne envie de rester dessus. Le cœur est là où ça devient vraiment intéressant. Le lentisque — cette résine sauvage et un peu camphrée qu'on associe aux garrigues grecques — se mêle à l'iris poudré et à une pistache crémeuse, presque gourmande mais jamais envahissante. C'est le genre d'accord qui surprend : on ne l'attendait pas aussi fin, aussi bien dosé. Le fond, lui, joue la carte de la chaleur douce — vétiver terreux, santal lacté, labdanum légèrement ambré — sans jamais alourdir l'ensemble. Côté tenue, on reste dans la discrétion assumée d'une eau de toilette bien construite, avec un sillage poli qui ne cherche pas à s'imposer. Pas pour celles qui veulent marquer leur entrée dans une pièce. Plutôt pour celles qui préfèrent qu'on se retourne après leur passage.

58,00 €
Tom Ford Noir Extrême
06Tom Ford

Noir Extrême

Il y a des parfums qu'on reconnaît avant même de les avoir sentis — par réputation, par silhouette, par la façon dont ils occupent l'espace. Celui-ci fait partie de cette catégorie. Sonia Constant, le nez derrière cette création de 2015, a construit quelque chose de dense et de parfaitement calibré : un oriental boisé qui n'a rien de timide, mais qui évite soigneusement le piège du trop-plein. La cardamome d'ouverture est franche, presque tranchante, portée par un souffle de safran et de néroli qui adoucit juste ce qu'il faut. Le cœur est là où tout bascule. Le kulfi — cette crème glacée indienne à la pistache et à la rose — apporte une dimension à la fois gourmande et exotique qu'on ne voit pas venir. Autour, le mastic fume doucement, le jasmin reste sage. C'est le genre de composition qui semble simple en surface et révèle une vraie complexité au fil des heures. Côté fond, la vanille et le santal installent un drydown chaud, presque peau, qui tient bien la nuit. La projection est sérieuse sans être agressive — un parfum de soirée, clairement, ou pour les jours où on veut que la présence précède l'entrée dans la pièce. Pas pour tout le monde. Assumé, c'est le mot.

130,00 €

Mastic or Lentisque est utilisé(e) comme note de cœur dans 62% des compositions où cette note apparaît, présente dans 13 parfums.

Analyse Tendance Parfums

Questions fréquentes

Contrairement au labdanum, qui déploie une résine chaude, animale et ambrée, ou à l'oliban (encens) dont le profil est franchement fumé et sacré, le mastic se distingue par sa fraîcheur végétale et son côté vert sauvage. Il est moins opulent que ces deux matières et conserve une légèreté qui rappelle davantage la garrigue que le temple ou la forêt. C'est cette dimension aérienne qui en fait un choix particulièrement adapté aux compositions méditerranéennes ou aromatiques plutôt qu'aux orientaux profonds.

Contrairement au labdanum, qui déploie une résine chaude, animale et ambrée, ou à l'oliban (encens) dont le profil est franchement fumé et sacré, le mastic se distingue par sa fraîcheur végétale et son côté vert sauvage. Il est moins opulent que ces deux matières et conserve une légèreté qui rappelle davantage la garrigue que le temple ou la forêt. C'est cette dimension aérienne qui en fait un choix particulièrement adapté aux compositions méditerranéennes ou aromatiques plutôt qu'aux orientaux profonds.

Contrairement au labdanum, qui déploie une résine chaude, animale et ambrée, ou à l'oliban (encens) dont le profil est franchement fumé et sacré, le mastic se distingue par sa fraîcheur végétale et son côté vert sauvage. Il est moins opulent que ces deux matières et conserve une légèreté qui rappelle davantage la garrigue que le temple ou la forêt. C'est cette dimension aérienne qui en fait un choix particulièrement adapté aux compositions méditerranéennes ou aromatiques plutôt qu'aux orientaux profonds.

Oui, il s'agit bien de la même résine issue du Pistacia lentiscus, cultivée principalement sur l'île grecque de Chios où sa production est protégée par une indication géographique. En alimentation, le mastic sert à aromatiser liqueurs, confiseries ou pains grecs, et son profil — légèrement résineux, frais et herbacé — est identique à celui exploité en parfumerie. L'extraction pour usage olfactif peut néanmoins varier : on emploie selon les formules une huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur ou des absolues qui concentrent davantage les facettes résineuses et boisées.

Oui, il s'agit bien de la même résine issue du Pistacia lentiscus, cultivée principalement sur l'île grecque de Chios où sa production est protégée par une indication géographique. En alimentation, le mastic sert à aromatiser liqueurs, confiseries ou pains grecs, et son profil — légèrement résineux, frais et herbacé — est identique à celui exploité en parfumerie. L'extraction pour usage olfactif peut néanmoins varier : on emploie selon les formules une huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur ou des absolues qui concentrent davantage les facettes résineuses et boisées.

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